Débats et analyses pour une refondation républicaine de la gauche


Last but not least ! Voici, comme promis, une synthèse du premier café politique organisé par "Demain la Gauche" en novembre 2007...


La thématique est d'actualité, la "dette publique" étant de plus en plus invoquée pour justifier les politiques libérales du gouvernement. Alors, cette "dette publique, faillite de l'Etat ou faillite du libéralisme ?" C'est la question que nous avions posée à Liem HOANG NGOC, économiste socialiste (vraiment, lui).

Synthèse du café politique sur la dette

Un discours anxyogène

Le discours sur la dette est anxyogène : il remplit une fonction idéologique. Certes, la France a une dette publique de 1200 Milliards d'Euros. Mais ses actifs (infrastructures etc.) sont largement supérieurs. Il n'y a donc pas de "faillite de l'Etat".

La dette a explosé depuis 1993 : elle était de 36% du PIB à cette date ; elle est de 65% du PIB aujourd'hui.

Elle est très liée à la faible croissance : songeons que lorsque la croissance est égale ou supérieure à 3% par an, les comptes sociaux sont équilibrés !


Bonne dette / Mauvaise dette

La dette n'est ni bonne ni mauvaise "en soi". Elle peut être utile à l'économie, s'il s'agit de financer des investissements utiles eux-mêmes, et générateurs de croissance. Elle peut être mauvaise lorsqu'elle profite aux rentiers à travers les allègements fiscaux, donc à la spéculation, et pas à la croissance.

Avec un taux d'épargne de 16% du revenu disponible, les ménages Français peuvent soit investir pour l'utilité collective et la croissance économique (c'est ce que permettrait une politique d'emprunt de l'Etat destinée à des investissements productifs). Ou alors ils alimentent une bulle spéculative au détriment de l'économie, ce qui peut conduire à la récession.

La France penche plutôt vers la deuxième situation ("mauvaise dette" créée pour alimenter la spéculation, croissance faible), d'autant que depuis 10 ans, les 10% des Français les plus riches ont accru leurs revenus de 32% au détriment des masses qui, pour 50% d'entre elles, gagnent moins de 1350 E par mois. Un autre endettement pourrait au contraire favoriser la consommation et la croissance, donc les recettes fiscales et l'allègement de la dette.

Il faut aussi faire attention aux détenteurs de la dette : aujourd'hui, elle est détenue à 38% par des épargnants étrangers.


La dette est aussi la conséquence de la monnaie unique

L'Etat dispose, en théorie, de trois instruments pour financer ses investissements : l'impôt, l'emprunt (donc la dette), et la création monétaire. Faute de pouvoir recourir à ce troisième instrument depuis la course à l'Euro et la création de l'Euro, ni au plan national ni au plan européen (compte tenu des statuts de la BCE), il a dû actionner davantage le deuxième levier.

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Rédigé par Equipe DEMAIN LA GAUCHE le Vendredi 25 Janvier 2008 à 17:08
Sur le blog de Patrick Trannoy
Genèse et vocation du club "Demain la Gauche, pour une refondation républicaine".