Débats et analyses pour une refondation républicaine de la Gauche

Mercredi 10 Mars 2010

Non, nos maraîchers ne doivent pas rembourser !



Non, nos maraîchers ne doivent pas rembourser !
Ils se sont bien gardés de lancer le pavé dans la marre avant les élections européennes. Celles-ci passées, les oligarques bruxellois ont rouvert un vieux dossier : celui des subventions censément irrégulières de l'Etat perçues par des producteurs de fruits et légumes français entre 1992 et 2002. 300 Millions d'Euros devraient donc, selon Bruxelles, être remboursés par ceux qui les ont alors perçus, sans qu'on sache très bien d'ailleurs comment, dix ou quinze ans après, on pourrait calculer qui doit quoi, sans parler des agriculteurs partis à la retraite, ayant subi la faillite, ou encore décédés. Un vrai casse-tête dont Bruxelles a le secret.

Mais c'est sur le fond que cette affaire est scandaleuse. Elle est même triplement scandaleuse.

Primo, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Or si Bruxelles reproche à l'Etat français d'avoir distribué des subventions à des maraîchers en grande difficulté, Bruxelles ferait bien de s'interroger sur ce qui a poussé l'Etat à pallier ainsi les carences manifestes d'une politique agricole commune aux avantages par trop accaparés par de gros producteurs, céréaliers notamment !

Secundo, c'est au nom du dogme de la "concurrence libre et non faussée", et sans aucune vision de politique alimentaire ou d'aménagement du territoire, que Bruxelles agit, confirmant là l'obsession néo-libérale de ces technocrates alliés au capitalisme financier mondial.

Tertio, la France est un pays souverain ; certes, nous sommes liés à nos voisins par des traités, et la politique agricole (ainsi que la politique commerciale) est très largement une compétence de l'Union Européenne. Mais nous n'avons jamais voté pour que l'Union Européenne interdise au peuple français de se gouverner, et, s'il le décide, d'aider ses maraîchers !

Il est dès lors scandaleux que Bruxelles veuille rançonner nos paysans, et subsidiairement que celui qui, au gouvernement, est censé les défendre, ait voulu obtenir un brevet de plus d'européïsme docile en faisant la courte échelle à l'U.E. !

Il est temps de se poser les vraies questions : pas celle de la démission de Bruno Le Maire, dont, franchement, tout le monde se moque. Mais celle des conditions que le peuple français doit exiger pour que notre pays se maintienne dans l'Union Européenne.

Dimanche 9 Août 2009
Patrick TRANNOY


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