Débats et analyses pour une refondation républicaine de la Gauche

Mercredi 10 Mars 2010

Le lapsus des édiles de L'EPAD



"C'est un garçon de qualité, sympathique, que je connais depuis très longtemps". Claude Leroi, Président de la Chambre de Commerce des Hauts-de-Seine.

Voilà donc qu'une maladresse, ou un aveu décomplexé, vient clore le chapitre sur la compétence supposée de Jean Sarkozy.

C'est cela qui est drôle. Le Président de la Chambre connaissait Jean ! et il suffisait de le connaître ! Ah, voilà !!! Que ne le disait-on ?

Et comment l'a-t-on rencontré, il y a si longtemps, et quel âge avait-il, 8 ans, 10 ans ? Il jouait dans les jupes de son père qu'on connaissait aussi bien entendu, ça n'a échappé à personne.

Comment donc s'opposerait-on à la candidature d'un garçon à un poste où il est question de gérer 1 Milliard d'Euros de C.A, puisqu'on le "connaît" depuis si longtemps ? Cest simple non ? Alors, gros peuple, vous ne comprenez donc pas ce qu'on vous dit ?

Nous le gros peuple, nous essayons de nous présenter à une élection locale. Et nous découvrons que pour se présenter sur une liste, si on n'a pas 10 000 euros à mettre au pot, en interne, dans son parti politique, on n'est même pas en queue de liste, et encore moins en tête ! Alors d'ici à ce qu'on se retrouve un jour Conseiller Général... à moins d'être pris sous la coupe d'un Général... en chef des Armées...

C'est l'argument volontairement impensé ou absent des débats qui animent la polémique autour du Néron contemporain qu'est peut-être Jean Sarkozy (si j'étais son père je m'en méfierais, et je lui conseillerais d'aller se casser les dents à l'EPAD, tiens !).

Personne n'a opposé cet argument de bon sens : Ce n'est pas qu'il faille remettre en cause la légitimité de ce jeune homme aujourd'hui élu démocratiquement, bien sûr, mais qu'il ne faille pas prendre les citoyens de la République pour des canards sauvages : être candidat, c'est déjà le fruit d'un long parcours politique, surtout en Île-de-France où les prétendants sont nombreux et les places chères. Il est là le népotisme : avant l'élection. Pas après !

Les autres candidats et candidates ont dû s'effacer devant le prince. Mais ils ne parleront pas, les courageux. Ils se tapissent, ils se cachent, ils ont obtenu une compensation à un poste ministériel ou administratif quelconque.

Est-il arrivé à s'imposer par son talent ? Certains le disent.

Mais combien y-a-t-il dans ce pays de jeunes gens de talent qui n'émergent pas, notre pays en est plein, qu'il perdent même en cours de route à force d'attendre, coincés par le bouchon générationnel soixante-huitard qui sclérose notre pays.

Alors, un peu de décence !

C'est sûr, après, tout devient transparent. Après, la machine est en route. Quand le pied est à l'étrier, le cheval peut galoper, à grand renfort de marketing politicien dont on nous abreuve (comme des chevaux là aussi).

Il ira loin ce Sarkozy là. Et on en prend pour quarante ans.

Benoît RIVILLON, PS (commission culture)

Lundi 19 Octobre 2009
Benoît RIVILLON


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