Edito de Patrick Trannoy
On peut déjà tirer plusieurs enseignements très clairs des résultats des élections européennes en France et dans l'Union Européenne.
1- 60% des Français, et presque la même proportion de citoyens des autres pays de l'Union Européenne, ont manifesté leur absence de confiance dans la machine européenne en boudant les urnes. Selon l'excellente expression de Georges SARRE, cette abstention est largement "un refus de vote". Plus l'intégration européenne avance, plus la participation aux élections européennes recule : les citoyens ne veulent pas de l'Europe intégrée.
2- La social-démocratie est fracassée ; la rose est fanée. En France, mais aussi en Grande Bretagne, en Espagne, en Irlande, en Allemagne, en Hongrie, en Autriche... J'entends encore les sociaux-démocrates gloser sur "l'inexorable effondrement du communisme" après la chute de l'U.R.S.S.. Mais l'ironie et la logique de l'histoire, c'est aussi que la social-démocratie, quand elle se définit comme voie moyenne entre le capitalisme et le communisme, meurt avec le communisme ! En d'autres termes, il n'y a pas de confiance populaire dans la "régulation", dans le "social-libéralisme".
3- En France, beaucoup d'électeurs de gauche ont utilisé le bulletin de vote "Europe Ecologie" pour dire à la fois non à la Droite et non à cette social-démocratie. De même qu'ils avaient utilisé le bulletin de vote "Bayrou" en 2007 ; ils peuvent utiliser, demain, un autre bulletin de vote. Il s'agit de surcroît de classes moyennes dont la participation est aujourd'hui supérieure à celles des classes populaires, électorat, jadis du PC et du PS. Un sursaut mobilisateur en faveur de la gauche dans les classes populaires replacerait bien vite à leur juste proportion ces formations écologiques et centristes. Ce sursaut mobilisateur n'a pas (encore ?) été créé par le Front de Gauche, malgré une campagne et un score honorables.
4- La droite libérale n'a pas gagné ; en tous cas en France. Avec moins de 30% des suffrages, l'alliance de l'U.M.P., du Nouveau Centre et des transfuges en tous genres a certes une majorité relative, mais elle est, précisément, toute relative.
Conclusion : plus que jamais, ces résultats appellent la social-démocratie européenne, et à tout le moins le PS français, à s'écarter de la logique d'une Europe intégrée, pour rejoindre les aspirations populaires. Il est urgent de créer un sursaut mobilisateur à gauche dans le monde du travail et d'inventer le nouveau paradigme d'une gauche populaire, autour d'un contrat civique, social et environnemental renouvelé.
Le parti socialiste a désormais le choix : descendre de son piédestal et entamer une véritable démarche de débat avec les autres forces de gauche, les forces sociales, les citoyens, pour créer les conditions du rassemblement d'une majorité sociale et de sa transformation en majorité politique... ou continuer à gérer son patrimoine, qui n'ira pas croissant, de positions locales, jusqu'à un dernier souffle qui pourrait ne pas se faire trop attendre... Il est encore temps de relever la gauche.
1- 60% des Français, et presque la même proportion de citoyens des autres pays de l'Union Européenne, ont manifesté leur absence de confiance dans la machine européenne en boudant les urnes. Selon l'excellente expression de Georges SARRE, cette abstention est largement "un refus de vote". Plus l'intégration européenne avance, plus la participation aux élections européennes recule : les citoyens ne veulent pas de l'Europe intégrée.
2- La social-démocratie est fracassée ; la rose est fanée. En France, mais aussi en Grande Bretagne, en Espagne, en Irlande, en Allemagne, en Hongrie, en Autriche... J'entends encore les sociaux-démocrates gloser sur "l'inexorable effondrement du communisme" après la chute de l'U.R.S.S.. Mais l'ironie et la logique de l'histoire, c'est aussi que la social-démocratie, quand elle se définit comme voie moyenne entre le capitalisme et le communisme, meurt avec le communisme ! En d'autres termes, il n'y a pas de confiance populaire dans la "régulation", dans le "social-libéralisme".
3- En France, beaucoup d'électeurs de gauche ont utilisé le bulletin de vote "Europe Ecologie" pour dire à la fois non à la Droite et non à cette social-démocratie. De même qu'ils avaient utilisé le bulletin de vote "Bayrou" en 2007 ; ils peuvent utiliser, demain, un autre bulletin de vote. Il s'agit de surcroît de classes moyennes dont la participation est aujourd'hui supérieure à celles des classes populaires, électorat, jadis du PC et du PS. Un sursaut mobilisateur en faveur de la gauche dans les classes populaires replacerait bien vite à leur juste proportion ces formations écologiques et centristes. Ce sursaut mobilisateur n'a pas (encore ?) été créé par le Front de Gauche, malgré une campagne et un score honorables.
4- La droite libérale n'a pas gagné ; en tous cas en France. Avec moins de 30% des suffrages, l'alliance de l'U.M.P., du Nouveau Centre et des transfuges en tous genres a certes une majorité relative, mais elle est, précisément, toute relative.
Conclusion : plus que jamais, ces résultats appellent la social-démocratie européenne, et à tout le moins le PS français, à s'écarter de la logique d'une Europe intégrée, pour rejoindre les aspirations populaires. Il est urgent de créer un sursaut mobilisateur à gauche dans le monde du travail et d'inventer le nouveau paradigme d'une gauche populaire, autour d'un contrat civique, social et environnemental renouvelé.
Le parti socialiste a désormais le choix : descendre de son piédestal et entamer une véritable démarche de débat avec les autres forces de gauche, les forces sociales, les citoyens, pour créer les conditions du rassemblement d'une majorité sociale et de sa transformation en majorité politique... ou continuer à gérer son patrimoine, qui n'ira pas croissant, de positions locales, jusqu'à un dernier souffle qui pourrait ne pas se faire trop attendre... Il est encore temps de relever la gauche.
Rédigé par Patrick TRANNOY le Dimanche 7 Juin 2009 à 22:13
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